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I like to consider myself a Turing complete user. This is a concept I discovered in a fascinating essay written by Olia Lialina on the concept of users in computing, and the trend best embodied by Apple to destroy users and all they stand for.

I guess on of the reasons I liked the article is that I totally recognise myself in this concept of Turing complete user. But I also find a little bit sad that this is not a widespread species.

*“A scientist of the Future”* Title picture of Vanevar Bush’s “As we make think” from Life magazine, 1945

But I can’t believe it’s going to stay that way indefinitely. Eventually maybe people are going to stop putting up with how bad their computers respond to them and start doing something about it. Maybe Jan-Christoph should start a series: “I hate technology.”

I just noticed how it’s funny that [Jan’s homepage][jcborh] currently features a collage of pictures taken for 24 hours while he was wearing a camera on his chest. Do you see the resemblance with the picture chosen by Olia to represent the user?

One step towards this is this excellent project, Revealing errors.

Anyway, I encourage you to read the essay or if that’s more your style there’s a video from the last CCC in Hamburg:

Turing Complete User What can be done to protect the term, the notion and the existence of the Users?

Direct link to the video


Related: the user data manifesto (my draft for version 2, feedback welcome)

Rebelotte. Le Conseil constitutionnel remet ça :

Ă— Il me semble que c’est la deuxième fois depuis la dĂ©cision sur DADVSI. D’ailleurs, la formulation du considĂ©rant est quasiment la mĂŞme.

13. ConsidĂ©rant que les finalitĂ©s et les conditions d’exercice du droit de propriĂ©tĂ© ont connu depuis 1789 une Ă©volution caractĂ©risĂ©e par une extension de son champ d’application Ă  des domaines nouveaux et, notamment, Ă  la propriĂ©tĂ© intellectuelle ; que celle-ci comprend le droit, pour les titulaires du droit d’auteur et de droits voisins, de jouir de leurs droits de propriĂ©tĂ© intellectuelle et de les protĂ©ger dans le cadre dĂ©fini par la loi et les engagements internationaux de la France ;

Pas de quoi ĂŞtre surpris. C’est dĂ©sormais acquis dans le droit positif que le droit d’auteur est compris dans le droit de propriĂ©tĂ©, l’Ă©levant par la mĂŞme occasion au plus haut niveau de la pyramide des normes.

Pas de quoi être surpris non plus concernant le caractère lacunaire de l’argumentation. On a là un bel exemple de tautologie : le droit de propriété comprend la propriété intellectuelle, donc la propriété intellectuelle comprend le droit de jouir des droits de propriété (intellectuelle).

Que le droit des auteurs soit élevé au rang de droit fondamental ne me dérange pas vraiment, même si je préfèrerais que la hiérarchie entre le droit des auteurs et la liberté d’expression soit plus claire.

Ce qui est gênant, c’est qu’en enfermant le droit d’auteur dans la boîte propriété on s’est peut-être interdit de pouvoir réfléchir intelligemment en droit sur ce qui constitue réellement le droit des auteurs, quelles sont ses finalités.

De ce point de vue, les auteurs qui espĂ©raient voir le Conseil constitutionnel dĂ©clarer inconstitutionnelle la loi « relative Ă  l’exploitation numĂ©rique des livres indisponibles du XXe siècle » ont perdu gros en jouant la carte propriĂ©tĂ© (avaient-ils d’autres choix ?). Il suffit de lire la dĂ©cision pour s’en assurer.

C’est on ne peut plus ironique de voir que c’est l’intérêt général qui a permis de justifier la constitutionnalité de la loi, alors que dans le même temps, cette loi va complètement à l’encontre de l’intérêt du public.

Mais, on n’a que faire de l’intérêt du public si on enferme le droit des auteurs dans le carcan du droit de propriété. C’est dommage… car le droit des auteurs s’est constitué idéologiquement et juridiquement en France en s’émancipant de la « propriété littéraire et artistique » qui la précédait.

C’était sans compter sur le retour en force idéologique de la « propriété intellectuelle » au tournant des années 70-80…

Mais qui est donc Madame Michu ? La grand’mère, l’utilisateur inexpérimenté, le critère absolu du concepteur d’une interface pour juger de l’expérience-utilisateur, l’ignare qui n’y connaît rien à rien et qui s’en fout, l’inconnu qui meta:ignore mais ne demande qu’à apprendre… Tout ça à la fois ?

Le fait est que « Madame Michu » est une expression employée pour désigner une personne abstraite, qui n’existe pas réellement. C’est une fiction, prise pour une réalité, c’est-à-dire une hypostase comme on en trouve de nombreuses en droit par exemple : le bon père de famille en droit civil français, l’homme du métier en droit des brevets (et ses cousins anglo-américains, les « persons having ordinary skills in the art »), etc.

Certes, c’est simplificateur. Mais les mots sont des simplificateurs nécessaires à l’articulation et la communication de la pensée. Comme beaucoup d’autres termes, l’objectif de Madame Michu n’est pas de rendre compte exactement d’une réalité. On sait bien que, en vrai, Madame Michu n’existe pas. Ce n’est pas à ce critère qu’on peut juger l’efficacité de l’expression, ni qu’on peut en déduire son contenu.

En tout cas, je n’utilise pas l’expression car la plupart du temps je la trouve inadaptée à communiquer ce que j’essaye de dire. Mais je suppose que si j’avais à la placer quelque part, Madame Michu pour moi est à l’autre bout de l’utilisateur-Turing, autrement dit comme disait Ted Nelson, c’est « just a user » !

Ça n’est pas dénigrant ou élitiste pour autant ! On est tous passé par là. L’utilisateur, c’est un itinéraire de progression qui va dans une direction, dans un rythme propre à chacun. C’est comme lorsque Benjamin Bayart nous parle de l’internaute qui débarque. L’internaute qui débarque, c’est Madame Michu ! Même si ça peut être un monsieur (le seul fait qu’on lui donne un genre est en soi une raison pour rejeter le terme à mon humble avis, il faut utiliser quelque chose de plus englobant).

En attendant, l’expression a certainement ses défauts. Mais ne faisons pas de procès d’intention forcément à ceux qui l’utilisent. La plupart du temps où j’ai entendu le terme, c’est lorsqu’on essaye de se donner du mal pour rendre quelque chose meilleur, pour communiquer autour d’un sujet important. Et le simple fait qu’on s’inquiète suffisamment de la personne de Madame Michu pour avoir eu besoin de la nommer est en soi un bon signe.

PS : c’est fou ce qu’on peut dire de plus construit lorsqu’on se détache cinq petites minutes du carcan à 140 signes qu’est Twitter.

Morozov on innovation policy:

But why assume that innovation—and, by extension, economic growth—should be the default yardstick by which we measure the success of technology policy? One can easily imagine us living with a very different “Internet” had the regulators of the 1990s banned websites from leaving small pieces of code—the so-called “cookies”—on our computers. Would this slow down the growth of the online advertising industry, making everyday luxuries such as free e-mail unavailable? Most likely. But advertising is hardly the only way to support an e-mail service: It can also be supported through fees or even taxes. Such solutions might be bad for innovation, but the privacy they afford to citizens might be good for democratic life.

We should note that this ultimate goal of innovation is also what drives most of the debate around internet business liability. There’s so much fear at the European Union that the next law would stifle innovation and nip in the bud the “next Google” that any sane debate is almost impossible.

Of course, nobody’s asking if we even want the next Google to happen. I certainly don’t want another Google, nor did I want Facebook to come into existence. I’d much prefer having something like unhosted web apps. This is what true beneficial innovation is about.

This way of thinking about innovation and “the Internet” has also spread out to Courts.

Consider this piece about how the Paris Court interprets the LCEN (the French translation of the EU E-commerce 2001 directive):

Considérant qu’en vertu du même critère, l’exploitation du site par la commercialisation d’espaces publicitaires, dès lors qu’elle n’induit pas une capacité d’action du service sur les contenus mis en ligne, n’est pas davantage de nature à justifier de la qualification d’éditeur du service en cause ;

Qu’il importe d’observer à cet égard, que la LCEN dispose que le service hébergeur peut être assuré même à titre gratuit, auquel cas il est nécessairement financé par des recettes publicitaires et qu’elle n’édicte, en tout état de cause, aucune interdiction de principe à l’exploitation commerciale d’un service hébergeur au moyen de la publicité ;

The crux of the argument is whether a service on the web like YouTube is merely a hosting provider (in which case it has a derogatory liability regime) or if it is something else than merely a hosting provider, in which case they could be found liable for copyright infringement.

The argument was that since Dailymotion (a YouTube competitor) displays advertisement next to the allegedly infringing videos, it must be considered an advertiser instead of a hosting provider. But the Court was not convinced by this argument.

Instead, and here’s the absolute nonsense, the Court says that:

  • the law says a hosting provider can provide its service without charge;
  • which necessarily means the service is financed through advertising,
  • thus the law does not forbid to qualify an advertiser as a hosting provider.

See what happened? The problem in this reasoning is that the second part is totally flawed. Since when a service on the web provided free of charge is necessarily financed through advertising? Have the judges ever heard about something called Wikipedia, one of the largest website worldwide, hosting millions of encyclopedia articles and media–all this without advertising and without tracking their users.

The fact that Wikipedia is run by the non-for-profit Wikimedia is completely irrelevant, the point is not about the commercial nature of the provider, but really about the nature of the activity of the service provider.

Thanks to this kind of ill-advised ruling, almost nothing is done to shape what qualifies as a hosting provider that deserves a derogatory liability regime.

We need to take back control of innovation and technology policy to foster privacy and freedom; more than ever.

This is a long due post, in response to a thread about a new JS outliner released under the GPL. I just did not take the time to write something about it until now… sorry!

It’s quite outstanding, but trying to find some good resource online about this issue is nearly impossible. If you try to read about how the ?GNU GPL impacts javascript web apps, you will find so much nonsense–that will make you believe the GPL is going to “infect” everything. (In spite of the fact that some of the most important Javascript libraries out there are licensed under the GPL, like Jquery IIRC.)

First, let’s get things straight: the GNU GPL does not infect anything nor has any “viral” effect. You don’t catch the GPL like the flu. In order for GPL obligations to kick in and apply to you, you must either:

  1. distribute GPL-licensed Javascript files; or

  2. write something that is based on GPL-licensed Javascript files.

In the first case, it’s no surprises that if you download and distribute GPL-licensed software, you must respect the conditions of the GPL.

In the second case, it’s a little bit more difficult to grasp, because you need to understand what constitutes a work based on the GPL program. And for this, you need an basic understanding of copyright law.

If you build other Javascript parts which will work with the GPL Javascript, there’s a fair chance that the whole is based on the GPL Javascript and thus is subject to the conditions of the GPL. (That’s the intended effect: it’s copyleft!) So for instance, if you write Javascript in which you re-use the functions of the GPL JS library, that will be covered by the GPL as well.

But for pretty much everything else, it’s not covered. So basically, just adding a line of script to interact with the DOM is not going to make the entire website subject to the GPL. That would be like saying using LibreOffice forces you to distribute all documents produced with it under the GPL. It’s just nonsense. Keep in mind that this is a legal thing, this is copyright law; this is not software development.

So in the case of the Concord outliner it’s pretty obvious: if you put an outliner in your web app, it’s not going to make the whole web app covered by the GPL. However, if you integrate the outliner and that you build your web app on top of that outliner; you expand it, so yes, that’s covered. But hey, that’s what the GPL is for.

Otherwise, write your own software from scratch or try a program with an alternative license, like the MPL-2.0.